15 janvier 2026
Temps de lecture : 2 min
Ce grand écart des chiffres ne traduit pas une explosion de l’activité mais une faiblesse structurelle de la filière, à savoir l’absence d’un périmètre économique commun. Ainsi, Grand View Research parle de 870,46 milliards de dollars en 2024, IMARC Group de 1 225,1 milliards. Allied Market Research projette même 2 309,4 milliards en 2032 à partir de 598,2 milliards en 2022. Autant d’études sérieuses mais ne prenant pas en compte le même périmètre, selon qu’il intègre ou non l’hôtellerie, le transport, la restauration, les stands, la production technique, etc.
La confusion est d’autant plus grande lorsque le voyage d’affaires est intégré dans le périmètre de calcul. GBTA (Global Business Travel Association) chiffre ce marché à 1,57 trillion de dollars en 2025 et le World Travel and Tourism Council autour de 1,5 trillion en 2024. Ces montants astronomiques sont parfois utilisés pour estimer l’événementiel alors qu’ils couvrent aussi des déplacements certes professionnels, mais sans lien aucun avec un événement défini. Même à l’intérieur du secteur, l’arbitrage salons change tout. L’UFI (The Global Association of the Exhibition Industry) rappelle ainsi que les salons et foires représentaient avant le Covid un impact économique total de 298,7 milliards d’euros et estime qu’il atteindra 2 500 milliards d’ici à 2035. Inclure ou non les salons suffit donc à déplacer le curseur de plusieurs centaines de milliards, quand parler d’impact économique ou chiffre d’affaires change également la donne. Que dire encore des festivals, du spectacle vivant, et autres événements non professionnels qui sortent du spectre de calcul, mais pourtant font travailler un grand nombre de prestataires identiques ?
Dans cette même logique, les prévisions à horizon 2030 ou 2035 prolongent l’illusion. Quand la base 2024 varie de 600 à plus de 1 200 milliards de dollars, les projections oscillent logiquement entre 1,3 et plus de 2 trillions. Je vous laisse faire le compte du nombre de zéros… Ce grand écart ne dit rien de la vitalité de la filière. Il pointe que le secteur Meetings and Events reste une industrie mal mesurée.
Via le contrat de filière actualisé l’été dernier, la France s’est engagée pour sa part à élaborer une cartographie du secteur, à actualiser les données disponibles et à définir de nouveaux indicateurs afin d’opérer un suivi annualisé de sa filière « tourisme d’affaires et événementiel ». On ne peut que s’en féliciter et attendre avec impatience ces nouvelles datas.
Tant que son périmètre ne sera pas normalisé, le secteur Meetings & Events et son économie continueront d’être spectaculaires mais fragiles, et son poids réel restera sous-estimé, sur-estimé ou instrumentalisé selon le prisme des uns ou des autres.
WHAT'S UP ? BY MEET IN
L'AGENDA PAR MYEVENTNETWORK
NOS BOOKS