2 avril 2026
Temps de lecture : 3 min
Le marché MICE français ne ralentit pas, mais il change de tempo, selon la septième étude annuelle exclusive « The French MICE Market: 2026 Trends, Key Figures & Projections »*. Cette étude d’Interface MICE montre un secteur qui sort de la logique de rattrapage post-pandémie pour entrer dans une phase de normalisation. Et si les événements restent nombreux, les décisions se prennent avec davantage de prudence, sous l’effet combiné du contexte économique, des exigences RSE et des tensions géopolitiques.
Les perspectives pour 2026 restent positives mais prudentes. Ainsi, 8,1 % des répondants anticipent une forte croissance de leur activité, tandis que 33,9 % évoquent une hausse légère. À l’inverse, 25,8 % anticipent une légère baisse et 1,6 % une baisse significative.
Cette progression limitée s’explique par plusieurs facteurs. Le contexte économique incertain, la hausse du coût du transport aérien et des matières premières, ainsi que les arbitrages budgétaires internes conduisent les entreprises à rationaliser leurs déplacements et leurs événements. Les voyages incentive à l’international font notamment l’objet d’une attention accrue.
La dimension RSE renforce également cette prudence. Les entreprises doivent davantage justifier leurs déplacements, intégrer des actions locales ou compenser leur empreinte. Dans certains cas, l’intégration de solutions responsables peut même réduire les coûts globaux d’un événement, notamment via l’utilisation de prestataires locaux ou de circuits courts, témoigne Tahina Randriamandranto, directeur d’Interface MICE France.
Toujours en quête de nouveautés, l’ouverture à de nouveaux territoires reste une constante pour les opérateurs du MICE. Sans surprise, 100 % des répondants déclarent être prêts à explorer de nouvelles destinations en 2026.
Dans le détail, l’Union européenne arrive en tête des zones suscitant le plus d’intérêt, suivie des destinations proches hors UE, comme le Royaume-Uni ou la Suisse. L’Afrique hors Maghreb apparaît comme une zone émergente, portée par une volonté accrue de promotion MICE. Des pays comme le Rwanda, le Sénégal ou encore le Bénin cherchent à se positionner davantage sur ce marché, précise Tahina Randriamandranto.
À l’inverse, l’Amérique du Nord recule dans les intentions d’information, notamment en raison du contexte politique et économique. Le Canada, en particulier le Québec, conserve néanmoins une attractivité importante.

Au-delà de l’intention d’explorer de nouveaux territoires, l’étude montre que les événements effectivement organisés restent très concentrés sur l’Europe et les zones proches. L’Union européenne apparaît comme la première zone d’accueil, citée par 81,1 % des répondants, devant la France elle-même à 75,6 %. Parmi les destinations hors France les plus fréquentes figurent l’Espagne, l’Italie et le Maroc, qui combinent accessibilité, image et proximité géographique.
Ce positionnement traduit un repli relatif vers des destinations jugées plus sûres dans un contexte d’instabilité internationale. La sécurité et la proximité deviennent des critères déterminants, renforçant l’attractivité des destinations européennes au détriment des long-courriers plus exposés aux tensions géopolitiques et aux fluctuations du transport aérien.
En 2026, 93,3 % des professionnels interrogés indiquent que leurs événements seront principalement organisés en présentiel, contre une part marginale pour le virtuel.
Un état de fait observé depuis la sortie de crise sanitaire. Les formats virtuels subsistent pour certaines réunions internationales, mais ne remplacent plus les événements fédérateurs comme les séminaires, conventions ou incentives. Le numérique a surtout facilité l’organisation de réunions opérationnelles, sans concurrencer le rôle relationnel du présentiel.
L’étude confirme également la prédominance des formats internes d’entreprise. Les séminaires, incentives et soirées corporate restent les typologies d’événements les plus organisées par les répondants.
L’étude souligne l’importance des dispositifs de découverte des destinations sur le terrain. 45 % des répondants jugent ainsi les fam trips utiles pour découvrir de nouvelles destinations, et 30 % pour développer leur réseau professionnel.
Ces actions génèrent davantage de projets concrets que les dispositifs généralistes, comme les newsletters ou certains salons. Elles restent donc prioritaires dans les stratégies de promotion des destinations.
*Etude réalisée entre fin décembre 2025 et tout le mois de janvier 2026, soit avant le début du conflit au Moyen-Orient, auprès de 90 décideurs du secteur (agences MICE, corporate meeting planners et associations).
Pour se procurer le rapport complet (en anglais)
Le contexte géopolitique au Moyen-Orient commence déjà à produire des effets sur le marché. Interface MICE indique que les événements prévus à Dubaï pour le premier semestre sont majoritairement reportés, avec des annulations qui apparaissent à mesure que l’incertitude quant à la fin des hostilités se prolonge.
Par ailleurs, l’impact du conflit dépasse la région. La perturbation des hubs aériens du Golfe complique l’accès à certaines destinations asiatiques. Les groupes passant habituellement par ces connexions pourraient être confrontés à une hausse des tarifs et à une réduction de l’offre, ce qui pourrait affecter l’Asie du Sud-Est.
Dans ce contexte, certaines destinations alternatives pourraient tirer leur épingle du jeu. Interface MICE évoque des opportunités pour l’Europe du Nord, certaines régions d’Europe du Sud, mais aussi l’Afrique de l’Ouest ou l’océan Indien, encore peu exploités par le marché français.
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