30 avril 2026

Temps de lecture : 4 min

Théâtre Récamier, Cité du Cinéma : Seine & Watts mise sur des lieux hybrides entre culture et business

Avec la reprise du théâtre Récamier et le développement de la Cité du Cinéma, Didier Gouband, le dirigeant de Seine & Watts, défend des lieux hybrides, capables d’articuler programmation culturelle et tourisme d’affaires.

Seine & Watts vient d’annoncer l’arrivée du théâtre Récamier dans son portefeuille de lieux. Pourquoi cette reprise ?

Ce projet s’inscrit dans une logique assez claire. Seine & Watts a vocation à développer plusieurs lieux d’exploitation événementielle, avec une attention particulière portée aux objets patrimoniaux. Le théâtre Récamier coche précisément ces deux dimensions. Il a une histoire, une identité forte, et en même temps un potentiel d’exploitation contemporain.

Au-delà du lieu lui-même, il y avait aussi une réflexion territoriale. Aujourd’hui, beaucoup de projets se concentrent sur la rive droite, sur ce qu’on appelle le Triangle d’or. La rive gauche est moins investie, alors qu’elle dispose d’un vrai potentiel, notamment pour le tourisme d’affaires. C’est ce déséquilibre qui m’a intéressé.

Y a-t-il toujours des opportunités en termes de tourisme d’affaires et d’événementiel dans Paris intra-muros ?

Oui, clairement. On entend parfois que Paris est saturé, qu’il faut ralentir, notamment sur le tourisme d’affaires. Je pense au contraire qu’il existe toujours un marché, à condition de proposer des lieux différenciants.

La demande est là, mais elle évolue. Les entreprises cherchent des formats plus hybrides, des lieux qui ne soient pas uniquement fonctionnels, mais qui racontent quelque chose. Et c’est précisément ce que peut offrir un lieu comme Récamier.

Comment définissez-vous ce positionnement hybride ?

L’idée est de créer un lieu capable d’accueillir à la fois du grand public et du corporate. C’est-à-dire allier une programmation culturelle légitime, cohérente avec l’histoire du lieu, et en parallèle une activité tournée vers le tourisme d’affaires.

Ce double usage est essentiel. Il permet de donner une vraie vie au lieu, d’éviter qu’il ne soit utilisé uniquement de manière ponctuelle, et de créer une dynamique plus large. Nous ne sommes pas sur un simple espace événementiel, mais sur un lieu vivant.

Le théâtre Récamier a justement une histoire forte. En quoi est-ce un atout aujourd’hui ?

C’est même un élément central ! Le lieu a été construit par la Ligue de l’enseignement au début du XXe siècle. À l’origine, ce n’était pas un théâtre, mais une salle polyvalente dédiée à des activités éducatives et culturelles.

Le nom de Récamier renvoie à Juliette Récamier, une figure mondaine du XIXe siècle, connue pour ses salons où l’on refaisait le monde. Il y a donc une dimension historique, intellectuelle, presque sociale dans l’ADN du lieu.

Aujourd’hui, cette histoire permet de construire un récit, une légitimité. Ce n’est pas un espace neutre. C’est un lieu qui a une mémoire et qui peut accueillir des contenus à la hauteur de cette mémoire.

Comment se positionner sur des lieux culturels tels que les théâtres ?

Il y a encore peu d’opérateurs issus du tourisme d’affaires qui investissent ce type de lieux. Le marché des théâtres est historiquement occupé par d’autres profils, des producteurs, des tourneurs, des exploitants culturels, ou plus récemment des groupes comme GL events avec Fimalac.

Mais il y a une place à prendre. Le théâtre, par sa nature même, est un lieu de rassemblement, d’émotion, de narration. Ce sont des dimensions qui font écho aux attentes actuelles des entreprises en matière d’événementiel.

L’enjeu, c’est de réussir à articuler ces deux univers sans les dénaturer. On ne peut pas faire n’importe quoi dans un lieu comme celui-ci. Il faut une vraie légitimité artistique. C’est pour cela que nous nous entourons de profils issus du monde du théâtre, à l’instar de Gilbert Désveaux, capables de construire une programmation crédible et cohérente.

La partie grand public est essentielle. Elle donne du sens au lieu. Et elle renforce aussi son attractivité pour les entreprises.

Concrètement, quels types d’événements le théâtre Récamier pourra-t-il accueillir, et avec quelles capacités ?

Récamier n’a pas vocation à être un lieu capacitaire. Nous sommes sur un théâtre à taille humaine, avec une jauge d’environ 280 places, ce qui permet de travailler des formats beaucoup plus resserrés.

Le lieu est particulièrement adapté à des conférences, des prises de parole, des lancements presse, des projections ou des rencontres avec des communautés ciblées. On peut aussi imaginer des événements corporate, mais toujours avec cette logique de contenu et de narration.

Cette capacité relativement limitée est justement un atout. Elle permet de proposer des formats plus qualitatifs, plus incarnés, où l’on privilégie la proximité et l’attention du public plutôt que la volumétrie.

En parallèle, Seine & Watts transforme la Cité du Cinéma. Où en est le projet aujourd’hui ?

La Cité du Cinéma entre dans une nouvelle phase, avec une réouverture annoncée le 5 mai prochain, après une longue période de transformation. L’ambition est de relancer le site avec un positionnement renouvelé, à la fois événementiel et culturel.

Le lieu retrouve ainsi une pleine capacité d’exploitation, avec des espaces adaptés à l’accueil d’événements d’envergure. L’ambition est claire. Faire de la Cité du Cinéma un site capable de recevoir des formats importants tout en s’inscrivant dans une logique plus large de destination, ouverte et vivante.

Le projet repose sur une montée en puissance des capacités du lieu. Le site développe environ 12 000 m² d’espaces exploitables, dont une part significative dédiée à l’événementiel, avec une capacité pouvant atteindre jusqu’à 6 000 personnes selon les configurations.

Au-delà des capacités, comment s’organise l’exploitation événementielle de la Cité du Cinéma, notamment en matière de partenaires ?

La Cité du Cinéma fonctionne avec un écosystème de partenaires qui permet de répondre à des événements de grande ampleur. Sur ce type de site, la question n’est pas uniquement la capacité d’accueil, mais la capacité à opérer des dispositifs complexes, que ce soit en termes de restauration, de technique ou de logistique.

L’idée est de s’appuyer sur des partenaires référencés, tels que les groupes Novelty-Magnum ou Butard-Esnescot, capables de s’adapter à des formats très différents, depuis des événements corporate jusqu’à des opérations plus spectaculaires. Cette logique d’écosystème est essentielle pour garantir une qualité d’exécution homogène, tout en laissant une certaine souplesse aux organisateurs.

On est sur un lieu qui doit pouvoir accueillir des événements importants, avec des exigences élevées. Cela suppose donc des partenaires solides, capables de s’inscrire dans cette dynamique et d’accompagner la montée en puissance du site.

Finalement, quelle est aujourd’hui votre vision du lieu événementiel idéal ?

Je crois à des lieux qui ne soient pas uniquement des outils, mais des destinations. Des lieux qui portent une histoire, une identité, un récit.

L’événementiel évolue. Les entreprises ne veulent plus seulement louer un espace. Elles veulent proposer une expérience. Et pour cela, les lieux hybrides, entre culture et business, ont un rôle central à jouer.

Allez plus loin avec Meet In

WHAT'S UP ? BY MEET IN

L'AGENDA PAR MYEVENTNETWORK

NOS BOOKS