22 janvier 2026

Temps de lecture : 1 min

Il faut soutenir le salon de l’agriculture en s’y rendant, mais pas seulement 

Adieu veau, vache, mais pas cochon. Crise de la dermatose nodulaire contagieuse oblige, c’est un Salon International de l’Agriculture sans bovin qui ouvrira ses portes le 21 février prochain.

© Lucas Santerre / GFA

Un nouveau coup dur pour la grand-messe de l’agriculture française, après une édition 2024 bousculée par des agriculteurs déjà mécontents et inquiets de leur sort. 

Le choc est d’abord émotionnel. Pour une bonne partie du grand public, le bovin et la vache en particulier ne sont pas de simples animaux exposés mais une incarnation du lien entre ville et campagne, ainsi qu’un élément fort de notre imaginaire collectif. L’enjeu n’est donc pas seulement logistique ou sanitaire, il est également expérientiel.

Pour les organisateurs de l’événement, qui se sont déjà adaptés aux travaux sur le parc expo de la Porte de Versailles, il reste à repenser la cohérence d’un salon et en particulier celle du Pavillon 1 qui attendait quelque 600 bovins. Les jours sont comptés d’ici à l’ouverture, mais cette mauvaise nouvelle ne pourrait-elle pas être l’occasion de faire naître des idées alternatives pour assurer le faire-venir ainsi qu’une expérience sur site renouvelée ? 

Pourquoi pas imaginer la mise en place d’un immense parcours pour raconter l’élevage, l’agriculture et le vivant sans lesdites animaux présents physiquement ? Non pas pour les remplacer artificiellement, mais pour en proposer une lecture augmentée, pédagogique et sensible. 

On pourrait aussi inviter designers, scénographes ou artistes à travailler sur la figure du bovin comme symbole culturel, économique et patrimonial, sans tomber dans la nostalgie ou le folklore. Pourquoi pas une vache disco, une vache low tech en matériaux recyclés, une vache hologramme ou une vache data matérialisant l’empreinte carbone de l’élevage, à retrouver dans les allées du salon, tel un jeu de piste ? Et puis, évidemment, des débats et des échanges pour tenter de tisser du commun sur nombre de problématiques agricoles. 

Cela ne consolera pas les éleveurs qui bichonnent de longues dates leurs plus belles bêtes pour l’événement, ni les nombreux visiteurs qui affectionnent tout particulièrement les bovins dans toute leur diversité. La French Event Touch est pleine d’idées, aussi ça vaut le coup de phosphorer pour supporter à la fois une filière bovine en souffrance et l’un des salons français les plus emblématiques. 

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