12 février 2026

Temps de lecture : 1 min

« L’événementiel n’a pas attendu OpenAI pour automatiser »

Comment les professionnels de l'événementiel utilisent-il l'IA ? Nous avons posé la question à plusieurs d'entre eux dans le cadre de notre Trend Book annuel. Episode 1 avec Damien Schmitz, le directeur général d'Eventmaker, pour qui cette révolution est comparable à celle de l’automatisation industrielle. Avec un même enjeu, celui de rendre la technologie invisible mais efficace.

Comment décririez-vous la place de l’IA aujourd’hui dans l’événementiel ?

L’IA, c’est devenu la lingua franca du monde corporate, comme l’anglais dans les écoles de commerce. Tout le monde en parle, tout le monde en fait un peu, mais très peu sont vraiment bilingues. L’essentiel des usages reste personnel puisque 70 % des requêtes sur ChatGPT sont liées à la vie quotidienne, pas au travail. À terme, plus il y aura d’IA dans l’événementiel, moins on la verra. Ceux qui en parleront le moins seront ceux qui en feront le plus.

Eventmaker l’utilise déjà depuis longtemps…

Oui, très tôt, nous avons intégré des plugins OpenAI, de la génération de contenu, des pré-prompts, etc. C’était de l’IA visible, pour montrer qu’on en faisait. Aujourd’hui, notre vraie valeur repose sur l’automatisation avec des workflows, des rappels, des actions déclenchées au bon moment. C’est déjà une forme d’IA, même si elle ne repose pas sur des modèles de langage géants. L’événementiel n’a pas attendu OpenAI pour automatiser.

Quelle différence faites-vous entre cette automatisation et l’IA dite

« agentique » ?

C’est comme la révolution industrielle. Le premier niveau, c’est le métier à tisser, soit l’automatisme. Le niveau suivant, c’est le robot, soit l’agent. Aujourd’hui, Eventmaker sait très bien “tisser”, automatiser des tâches à faible valeur ajoutée. Demain, des agents viendront compléter cette chaîne. Mais je ne crois pas à une IA qui remplacerait 100 % de l’organisation d’un événement. On a encore un peu de temps, et tant mieux. Il restera toujours une place pour l’expertise humaine.

Quelles sont les limites actuelles ?

D’abord la pédagogie, sachant que la plupart des event planners utilisent déjà l’IA à titre personnel. Le rôle des plateformes, c’est de rendre cette puissance fluide, simple, utile. Ensuite la confiance. Plus il y aura d’IA, plus il faudra garantir la maîtrise des données. Aujourd’hui, on passe beaucoup de temps à travailler sur les contrats, le RGPD, la traçabilité.

Quel usage responsable défendez-vous ?

L’IA, c’est comme le sel en cuisine. Il est indispensable pour relever le goût, mais si on en met trop, on gâche le plat. C’est pareil pour les événements : l’IA doit servir à renforcer l’efficacité, pas à tout recouvrir.

Pour télécharger et découvrir le Trend Book Meeting + Events 2026 : https://www.meet-in.fr/revue/trend-book-2026-nouveaux-usages-nouveaux-formats-nouveaux-defis/

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