26 mars 2026

Temps de lecture : 5 min

L’expérience et le désir comme langage universel : 10 questions à Christophe Pinguet, cofondateur de Shortcut Events, et pas une de plus !

Depuis Cannes et sa Croisette, Christophe Pinguet répond à nos questions avec l'enthousiasme qu'on lui connait et fait le point sur les développements de Shortcut Events.

@Shortcut by Éric Mercier

Shortcut accélère fortement son développement international. Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Ces derniers mois marquent une étape très structurante pour Shortcut. Avec le lancement de Shortcut Havas à Milan, nous franchissons un cap important aux côtés de Havas Group, entré à notre capital en 2021 avec beaucoup de justesse, de bienveillance et une véritable vision stratégique.

L’Italie s’est imposée comme une évidence car c’est un territoire de création, de culture, de design, où l’exigence esthétique rencontre une réelle puissance économique. Collaborer avec Caterina Tonini, CEO of Havas Creative Network Italy et Co-Founder & CEO de Havas PR Milan, est une opportunité rare.

Et bénéficier de la confiance de Yannick Bolloré, Chairman & CEO de Havas, et de Raphaël de Andreis, CEO de Havas Village France et Global Chief Client Officer, constitue évidemment un marqueur fort dans notre trajectoire.

Ce projet ne se limite pas à une implantation. Il incarne un modèle intégré — de la stratégie à la production — qui a fait ses preuves en France et que nous déployons désormais à l’international.

Plus largement, il traduit une conviction profonde : dans un monde saturé de contenus, l’expérience physique redevient un levier central de désir, d’engagement et de relation durable entre les marques et leurs publics.

Vous annoncez également une prochaine étape en Inde…

Oui, et c’est une étape tout aussi stratégique. Nous annoncerons depuis Mumbai et Delhi, le 27 avril prochain, notre collaboration en Inde avec Shobiz Experiential. Une collaboration qui s’appuie sur le soutien précieux de Sameer Tobaccowala, le fondateur de cette magnifique agence, et Rana Barua, le patron d’Havas India.

L’Inde est un marché fascinant, à la fois en croissance rapide et extrêmement créatif, avec une capacité unique à produire des expériences spectaculaires et populaires.

Notre ambition est claire, nous souhaitons créer des ponts entre les cultures, en combinant l’exigence du French Savoir-Faire, la puissance du réseau Havas et l’énergie locale. C’est cette hybridation qui, selon nous, définit l’événementiel de demain.

Nous sommes d’ailleurs prêts à imaginer, avec nos clients les plus engagés sur ce territoire immense, des field trips d’acculturation pour appréhender pleinement la richesse et la singularité de ces marchés.

Vous serez très présent à Cannes lors de Heavent Meetings. Pourquoi ce moment est-il important pour vous ?

Cannes est un lieu particulier pour moi. C’est là que tout a commencé, il y a près de 40 ans, avec Lionel Laval qui réalise, depuis trois décennies et la création de Shortcut, de magnifiques événements référents pour le secteur du luxe, de l’institutionnel et du corporate.

Revenir aujourd’hui au Palais des Festivals, dans ce même Grand Auditorium, avec ce parcours derrière nous et ces perspectives devant nous, a forcément une résonance particulière.

Cette année sera dense car nous présenterons deux événements aux Heavent Awards, dans deux catégories distinctes : pour Garnier, avec l’incroyable G-Bar aux millions de vues sur les réseaux sociaux, et pour Sanofi, avec la tournée européenne spectaculaire de Zeus, déjà récompensée du Grand Prix de l’Événementiel en février dernier. 

J’aurai également le plaisir d’intervenir avec LÉVÉNEMENT lors d’une conférence dédiée à l’événementiel international. Ces temps d’échange sont essentiels. Ils permettent de confronter les pratiques, de partager des visions, et surtout de comprendre à quel point notre métier se redéfinit à l’échelle mondiale, que ce soit en Europe, aux États-Unis, en Asie, et bien sûr au Moyen-Orient.

Au-delà, nous souhaitons aussi saluer la qualité de l’organisation de Heavent One to One Meetings, portée notamment par Arnaud Faucher et Nathalie Rochefort, tant sur les rencontres que sur les Awards, qui font de ce rendez-vous un moment incontournable.

Vous êtes également souvent sollicité sur la question des investissements publics dans l’événementiel…

Oui, et c’est un sujet majeur. Les investissements de l’État, notamment autour des grandes cérémonies, interrogent à la fois notre responsabilité, notre exigence et notre capacité à produire des événements qui font sens à coûts raisonnables.

L’événementiel n’est pas un simple outil de communication. C’est un outil culturel, sociétal et de transmission. Il doit être à la hauteur de ce qu’il représente, à savoir une capacité à rassembler, à transmettre, à inscrire des moments dans l’histoire collective.

Mon devoir de réserve m’impose de ne pas commenter publiquement les mécanismes d’appels d’offres publics et de marchés. Chez Shortcut, nous sommes attachés à une éthique forte : le respect de l’ensemble des parties prenantes.

Je suis encore surpris par l’attitude de certains !

Avec ce développement, comment évolue Shortcut en interne ?

Nous structurons l’agence pour accompagner cette croissance. Cela passe par une évolution de notre organisation, mais aussi par une ouverture accrue à de nouveaux talents, à de nouvelles expertises, et à une vision plus internationale.

Dans ce contexte, nous avons récemment nommé Benjamin Greuzat en tant que Directeur Général Adjoint en charge du Développement et de la Transformation. Issu du terrain et de la production, Benjamin a su, notamment pendant la période du Covid, mobiliser les équipes et accompagner nos clients avec une énergie et une détermination remarquables. Depuis, il joue un rôle clé dans la transformation de nos projets — du brief au gain — en conjuguant vision stratégique et excellence opérationnelle.

Sa nomination s’inscrit pleinement dans notre volonté de structurer l’avenir tout en restant fidèles à notre ADN. Depuis près de 30 ans, Shortcut s’est toujours construit dans le mouvement. Aujourd’hui, ce mouvement s’accélère, mais l’essentiel demeure : exigence, créativité, sens du détail… et cette capacité à créer de l’émotion.

Vous développez également Shortcut AI. Quelle place occupe cette initiative dans votre stratégie ?

Shortcut Artistic Intelligence est une évolution naturelle de notre métier. Nous sommes convaincus que l’intelligence artificielle ne remplace pas la création mais qu’elle l’augmente. Elle ouvre de nouveaux territoires d’expression, de narration, d’optimisation, etc., à condition de rester au service de l’idée.

Avec Shortcut AI, nous structurons cette approche au sein d’un collectif de talents hybrides, capables de faire dialoguer création, stratégie et technologies et bien sûr contenus.

Cette dynamique est portée par Vincent Locchi et François Chabiron, respectivement Creative Lead et Creative Strategist, qui explorent de nouveaux formats et de nouvelles écritures. Sans oublier Isadora Gueguen et Karl Lauriot dit Prévost, en charge du luxe à Shortcut. Elle s’inscrit également dans une vision plus large des expériences visuelles, portée par Eric Tonino, à la croisée de la création et de l’innovation.

L’enjeu n’est pas technologique. Il est créatif. Comment utiliser ces outils pour aller plus loin dans l’émotion, dans la précision, dans la capacité à surprendre et à engager ? C’est exactement ce que nous explorons aujourd’hui.

Vous évoquez souvent le “désir” dans votre approche. Pourquoi ce terme ?

Parce qu’il est au cœur de tout. Le désir, c’est ce qui déclenche l’attention, l’engagement, la mémoire.

Dans notre métier, il ne s’agit pas seulement d’organiser ou de produire mais bel et bien de faire ressentir. Et aujourd’hui plus que jamais, dans un monde ultra-connecté, l’expérience physique devient le lieu où ce désir peut pleinement s’exprimer.

Votre parcours est aussi une histoire de long terme. Quel regard portez-vous sur ces 40 années ?

C’est avant tout une histoire de rencontres. Au fond, c’est même tout l’inverse d’un hasard : nous étions faits pour cela. Pour les rencontres, pour les croisements, pour les trajectoires humaines.

Très tôt, certaines figures nous ont fait confiance — jamais à contre-courant, et nous avons toujours souhaité créer la tendance et l’influence.

Je pense notamment à Christian Blachas, fondateur de CB News, à Muriel Chapuis, à l’origine de L’Événementiel, à Isabelle Musnik, grande figure d’INfluencia, et bien sûr à vous, Laurence Rousseau, avec Meet In.

Ces regards, ces soutiens, ces engagements ont compté. Et comptent toujours ! Ils ont contribué à structurer une profession bien au-delà de Shortcut, à lui donner visibilité et crédibilité.

Alors oui, il y a une forme de fierté aujourd’hui. Mais surtout une immense reconnaissance en retour.

Quid de la suite ?

La suite s’écrit déjà. À Milan. Demain en Inde. Et ailleurs. Avec toutes celles et ceux qui souhaitent croire en nous ! Avec nos clients ! 

Et avec toujours la même ambition : imaginer des expériences qui créent du désir et qui marquent leur époque d’émotions fortes en lien avec le positionnement unique de Shortcut, celui du French Savoir-faire.

Christophe Pinguet, le mot de la fin ?

On m’a demandé un seul mot… je n’ai pas résisté.

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