2 avril 2026

Temps de lecture : 2 min

« L’IA est un accélérateur, mais elle ne remplacera jamais l’alchimie humaine » Christophe Cousin

Opus 4 de nos interviews sur le thème de l'IA. Christophe Cousin et ses équipes de chez Win-Win explorent les usages de l’intelligence artificielle, désormais au sein du groupe WMH Project. L’entrepreneur, pionnier sur ces sujets numériques, décrit une révolution aussi fulgurante que structurante.
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Comment avez-vous intégré l’IA dans votre activité ?

Cela fait trois ans que nous baignons dedans, à la vitesse où l’IA progresse. Nous avons commencé avec des chatbots, et aujourd’hui nous utilisons une IA agentique. Elle fonctionne comme une équipe d’experts virtuels, avec un chef d’équipe qui coordonne plusieurs IA spécialisées. C’est bluffant et incroyablement efficace.

Quels sont vos principaux usages aujourd’hui ?

Il y a d’abord l’IA de productivité. L’avantage d’appartenir au groupe WMH, c’est la data. Quand vous gérez 2 000 projets par an, cette base devient une ressource colossale. Nous lançons des modèles IA internes pour rendre cette data fluide et utile à tous les collaborateurs, dans chaque business unit. Chercher des lieux, des formats ou des intervenants devient instantané, ce qui libère du temps pour la créativité et la stratégie.

Ensuite, nous utilisons une IA de séduction. Elle nous permet de produire des visuels et vidéos bluffants, avec des effets spéciaux qui étaient auparavant réservés à de gros budgets ou au cinéma. Cela nous permet, par exemple, de créer des jumeaux numériques de dirigeants, de transformer des photos en vidéos, de générer des clones vocaux ou des transformations physiques. Nos clients en sont très demandeurs. Nous utilisons aussi la reconnaissance faciale pour accélérer la diffusion et la couverture live des événements.

L’IA remplace-t-elle des postes ?

Oui. C’est un sujet tabou, mais l’IA est aussi une IA de substitution. Elle remplace certaines tâches logistiques ou de recherche, souvent effectuées par des juniors. Cela soulève un vrai problème de transmission. Les jeunes savent interroger une IA, mais pas forcément vérifier, contextualiser, ou sentir les choses. L’expérience humaine reste irremplaçable et nous avons une énorme responsabilité dans la formation et la sensibilisation des nouvelles générations tout en continuant à leur transmettre un savoir et notre expérience client et terrain »

L’événementiel conserve-t-il une spécificité ?

Absolument. L’IA accélère toutes les phases amont, mais elle ne monte pas un événement, ne gère pas les imprévus et ne remplace pas l’alchimie humaine. C’est sur le terrain que tout se joue. Plus on a d’IA, plus la rencontre humaine devient précieuse.

Êtes-vous optimiste ou inquiet ?

Les deux. L’IA rend plus intelligent, plus rapide, plus créatif. Mais elle détruira aussi des emplois si nous n’anticipons pas. Si on ne forme pas les experts de demain, on aura un trou générationnel colossal. Cela dit, dans notre secteur, l’humain reste une rareté précieuse. Et c’est aussi ce qui fait la force de l’événementiel.

Propos recueillis en décembre 2025 dans le cadre d’une interview pour notre Trend Book Meetings + Events 2026.

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