1 octobre 2026

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Jean-Claude Herry, un pionnier qui a donné le ton de la RSE dans l’événementiel

Musicien, puis directeur d’associations culturelles, Jean-Claude Herry a commencé à accompagner les festivals sur leurs engagements responsables à la fin des années 2000. Au moment de prendre sa retraite, le fondateur d’Ipama observe un secteur confronté à des choix de plus en plus pressants.

Au début des années 1980, c’est la musique qui fait vibrer Jean-Claude Herry. Musicien donc, il devient ensuite disquaire, avant de diriger des associations culturelles pendant une dizaine d’années. Rien ne le destine alors à conseiller les organisateurs d’événements sur leurs pratiques responsables. Le tournant survient après la crise financière de 2008, lorsque l’association qu’il dirige dans le Var perd ses financements. Il se lance alors dans l’activité de conseil, reprend contact avec les festivals où il s’est produit et commence à construire des formations sur un sujet encore peu structuré.

Les festivals sont parmi ses premiers interlocuteurs. « À l’époque, quand on allait à un festival, on marchait sur cinq centimètres de plastique, de gobelets, etc. », se souvient-il. La gestion des déchets rend alors visible une question plus large, celle de la manière dont se fabrique un événement. En Bretagne, plusieurs festivals ont déjà engagé une réflexion collective. Jean-Claude Herry accompagne notamment les Trans Musicales de Rennes dans leur démarche de certification ISO 20121. Obtenue en 2013, celle-ci fait des Trans Musicales le premier festival français certifié selon cette norme.

Des festivals à d’autres typologies d’événements 

Par la suite, une rencontre élargit son champ d’action. En préparant un ouvrage sur l’organisation d’événements responsables, Jean-Claude Herry interroge Xavier Parenteau, alors à la direction développement durable & innovations du Stade de France. Ensemble, ils décident de s’associer en 2015. Leur activité, d’abord connue sous le nom de Herry Conseil, deviendra Ipama en 2022. Un cabinet qui intervient aujourd’hui auprès des acteurs de la culture, du sport, du tourisme et de l’événementiel professionnel.

Bien sûr, ces univers ont leurs réseaux et leurs propres modèles économiques, mais Jean-Claude Herry y décèle des questions de production communes. Le déplacement du public, parfois venant de très loin, en est une. Il souligne aussi le rôle des producteurs de spectacles dans les choix de tournées, sur lesquels les festivals accueillant les artistes ont une prise limitée. La réflexion doit, selon lui, remonter toute la chaîne de décision.

La rénovation des lieux illustre une autre difficulté. De nombreuses salles de spectacle sont exploitées par des structures qui n’en sont pas propriétaires. Il en va de même pour les centres de congrès gérés en délégation de service public. Améliorer l’isolation ou adapter un bâtiment aux fortes chaleurs suppose alors de convaincre la collectivité propriétaire d’investir, parfois dans le cadre d’un contrat déjà signé. « Les acteurs de l’événementiel en direct n’ont pas toujours la main sur ce levier-là », souligne Jean-Claude Herry.

Un secteur rattrapé par le dérèglement climatique

Son regard sur la période actuelle est préoccupé. Jean-Claude Herry observe que certaines entreprises déjà engagées poursuivent leurs démarches de transition, tandis que le contexte économique et la raréfaction des soutiens rendent les premiers pas plus difficiles pour d’autres. Il estime que les obligations réglementaires et les moyens publics restent deux leviers déterminants pour transformer les pratiques.

Dans le même temps, le changement climatique modifie les priorités de ses interlocuteurs. Les épisodes de chaleur et les intempéries conduisent les organisateurs à revoir les horaires, les lieux, les conditions de travail et parfois le calendrier de leurs événements. « L’adaptation va devenir le sujet majeur », affirme-t-il. Il relève aussi la place grandissante des enjeux sociaux dans les démarches RSE, notamment la prévention des violences faites aux femmes et aux enfants.

Aujourd’hui, Jean-Claude Herry quitte Ipama avec le souhait que l’entreprise sache répondre à ces nouvelles demandes. Pour lui, la retraite sera aussi l’occasion de consacrer davantage de temps à sa famille. « J’ai eu plusieurs vies professionnelles », dit-il. La dernière aura accompagné une génération d’organisateurs, depuis les premiers gobelets ramassés après les concerts jusqu’aux questions qui touchent désormais à la pérennité même des événements.

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