1 octobre 2026
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Dix-huit villes en moins d’un mois, de Villeneuve-d’Ascq à Paris, en passant par Saumur, Bordeaux, Marseille, Strasbourg, Marvejols, Basse-Terre ou encore Saint-Denis de La Réunion. Et dans chacune de ces étapes, un dispositif prévoyant un village sport-santé gratuit et ouvert à tous.
WMH Institutions (groupe WMH Project), chargée de piloter cette tournée nationale, s’attendait à un solide défi logistique. Bertrand Biard, vice-président de l’agence, retient finalement surtout la complexité de la coordination humaine. « Coordonner cet écosystème est bien plus important et bien plus compliqué que de coordonner de la logistique », explique-t-il.
Car autour des 18 villages gravitent des services de l’État, des collectivités, le mouvement sportif, des professionnels de santé, des associations, des clubs ou encore des partenaires privés. Autant d’acteurs qu’il a fallu réunir autour de la première édition de Septembre Bouge, lancé par le gouvernement dans le cadre de la Stratégie nationale Sport-Santé 2025-2030.
Dès cette première édition, le ministère a affiché son intention d’installer le dispositif dans la durée. Un rendez-vous présenté comme le nouveau « mois du réflexe sport-santé », destiné à favoriser une pratique régulière et durable et à prolonger l’héritage des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 dans les territoires.
La tournée a donc été pensée pour couvrir l’ensemble des régions hexagonales et deux territoires ultramarins, son itinéraire associant grandes agglomérations, villes moyennes et territoires ruraux. Le choix des étapes s’est appuyé sur l’engagement local dans le sport-santé et sur la présence de structures susceptibles de prolonger la mobilisation. Certaines villes se sont aussi appuyées sur une histoire sportive particulière. A l’instar de Châteauroux qui porte l’héritage des épreuves de tir de Paris 2024, de Bourg-Saint-Maurice qui regarde déjà vers les Jeux d’hiver 2030 dans les Alpes françaises, quand Lorient a fait valoir son lien avec la voile.
Cette implantation territoriale répond directement à l’objectif de santé publique assigné à l’opération. « Est-ce qu’un seul gros événement, très médiatique, monocentré, suffit pour instiller durablement, notamment une campagne de santé publique ? Non. », estime Bertrand Biard. Aussi, le mois de septembre a offert une grande souplesse aux acteurs locaux. Clubs, écoles, associations ou collectivités ont pu ainsi choisir leur moment de mobilisation tout en participant à une opération commune.
WMH Institutions a donc développé un format commun aux 18 étapes. Chaque village comprenait quatre espaces. « Bouge » accueillant la pratique, « Partage » présentant les offres disponibles localement, « Tribune » donnant la parole aux acteurs du sport-santé et une quatrième zone accueillant démonstrations et initiations.
L’espace « Partage » a joué un rôle central dans la continuité recherchée. Le visiteur y a pu identifier des clubs, associations et structures implantés près de chez lui et susceptibles de l’accompagner après le passage de la tournée.
Par ailleurs, le dispositif s’est appuyé sur les 589 Maisons Sport-Santé, aujourd’hui présentes dans tous les départements hexagonaux et ultramarins, maisons dont beaucoup ignorent l’existence. Pourtant, entre 2020 et 2025, près de 1,5 million de personnes y ont bénéficié d’un conseil et plus de 935 000 ont été accompagnées dans un parcours adapté.
La composition du comité de pilotage donne une idée du nombre d’interlocuteurs engagés dans l’opération. CNOSF, CPSF, associations représentant les collectivités, France Assos Santé, Assurance Maladie, Santé publique France, France Travail, Agence nationale du sport, Medef, Sporsora, Fédération française de cardiologie ou encore la Ligue contre le cancer y étaient notamment représentés.
À cette organisation nationale s’ajoute, dans chaque ville, la coordination avec les services de l’État, collectivités, clubs, associations et acteurs de santé locaux. C’est sur ce terrain que Bertrand Biard situe l’une des principales difficultés rencontrées par son équipe. « Il faut bien l’appui des territoires pour déclencher le volet associatif. Mais il faut aussi l’apport du national pour aller chercher des grands partenaires », explique-t-il.
Le Groupe VYV, Decathlon et Basic-Fit figurent parmi les partenaires officiels de l’opération. France Télévisions a accompagné l’opération côté médias, quand Strava proposait notamment un challenge national autour des 30 minutes d’activité physique.
Pour WMH Institutions, cette configuration élargit le rôle traditionnellement confié à l’agence événementielle, la production du road-show s’accompagnant d’un travail de coordination entre organisations publiques, privées et associatives, à l’échelle nationale comme locale.
Le choix d’une mobilisation durant tout le mois constitue donc l’un des autres enseignements de cette première édition. Pour Bertrand Biard, 30 jours offrent davantage de possibilités pour fédérer un réseau aussi éclaté géographiquement qu’institutionnellement. Chaque territoire dispose ainsi d’une marge de manœuvre pour intégrer la campagne à son propre agenda. Comme par exemple à Marseille, qui a accueilli le road-show lors de la Fête du Sport le 14 septembre.
La récurrence fait aussi partie du projet initié par le gouvernement, Septembre Bouge ayant vocation à devenir un rendez-vous durable. La fin de la tournée ouvre donc une deuxième phase, celle du bilan. Fréquentation des villages, nombre d’événements référencés, couverture territoriale, implication des partenaires ou capacité à remobiliser les acteurs en 2027 permettront de mesurer l’installation de l’événement.
La pérennité du rendez-vous dépendra désormais de cette capacité d’appropriation, mais aussi d’une volonté politique qui pourrait être mise à mal au lendemain des élections présidentielles.
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