1 octobre 2026

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Qui a le droit de se mettre en rose ?

Ainsi s'ouvre un mois d'octobre teinté de rose. Lancée hier soir lors d'un événement orchestrée par l'agence Magic Garden, la nouvelle campagne de sensibilisation de l'association Ruban Rose bénéficiera une fois encore d'une belle visibilité médiatique.  

Sa priorité est de recentrer le message sur le dépistage, alors que moins d’une femme sur deux y a recours dans le cadre du programme national organisé, avec 46,3 % de participation sur 2023 et 2024. Et rappelons que si les cancers du sein se soignent de mieux en mieux, ils demeurent encore la première cause de mortalité par cancer chez la femme.

Voici pour le message. Ses émetteurs, eux, se multiplient d’année en année. Des événements identifiés pour leur apport concret en fonds collectés, à l’instar de la course Odysséa, jusqu’aux animations à grand renfort de barbe à papa et de pop-corn roses, en passant par une multitude d’offres ripolinées en rose pour l’occasion, dont certaines flirtent ostensiblement avec le pinkwashing.

Y a-t-il alors une légitimité pour tout le monde, moi compris, à communiquer sur Octobre Rose ? Oui, nous dit le sociologue de la consommation Patrice Duchemin, dès lors que l’on fait avancer la cause de manière concrète, par exemple en reversant une partie de ses ventes à la recherche. Pour lui, la couleur seule ne prouve rien, c’est l’action qui l’accompagne qui compte.

Reste à savoir ce que l’on met derrière la couleur. Octobre Rose est né en France, en 1994, d’une initiative de marques (Estée Lauder et Marie Claire), personne n’a donc à s’excuser d’y participer. La véritable ligne de partage sépare les marques qui annoncent un montant, un bénéficiaire et une clé de répartition de celles qui se contentent d’un simple packaging rose.

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