8 octobre 2026
Temps de lecture : 3 min
© Le Nectar Traiteur
Entre 10 et 20 % de la nourriture préparée serait en moyenne gaspillée sur les événements. La proportion peut même atteindre 40 % lors de rendez-vous de grande ampleur. Selon les données de Savr reprises dans le nouveau guide pratique consacré au sujet, le secteur générerait ainsi en France quelque 30 000 tonnes de gaspillage alimentaire chaque année, soit l’équivalent de 60 millions de repas. En résumé, un repas sur dix préparé pour un événement finit gaspillé.
C’est à cette équation que s’attaque Gaspillage alimentaire, les ingrédients pour des événements responsables, guide pratique élaboré collectivement par LÉVÉNEMENT, les Traiteurs de France, les Traiteurs Événementiels Paris et les Traiteurs d’Avenir, avec La Clé et les facilitateurs de don Le Chaînon Manquant et Savr.
Le principal intérêt du document tient à son approche didactique. Le gaspillage alimentaire y est envisagé dès la conception de l’événement et tout au long de sa production. Repas-test, achats et préparation en laboratoire, transport, service, surplus en fin de manifestation… le guide identifie les pain points pouvant apparaître et les moyens de les limiter.
Limiter le gaspillage débute notamment dans le cahier des charges. Les auteurs du guide recommandent d’intégrer explicitement l’anti-gaspillage aux appels d’offres et d’en faire un critère de sélection du prestataire et du lieu. Ils proposent également de faire apparaître son coût dans le budget de l’événement.
L’anticipation du nombre de participants constitue un autre levier. Le guide préconise, à titre d’usage, un premier passage de commande quinze jours avant l’événement puis un ajustement du nombre de convives cinq jours ouvrés avant celui-ci. Le profil des participants, les restrictions alimentaires, la météo, les horaires ou encore la configuration du lieu doivent également permettre d’affiner les quantités.
Le guide de LÉVÉNEMENT et de ses partenaires met aussi le doigt sur plusieurs habitudes sectorielles bien ancrées. L’une d’elles concerne la recherche d’abondance et de variété, longtemps associée à la générosité d’une réception. Pourtant, multiplier les mets augmente mécaniquement les risques de surplus lors de la production comme de la consommation. Les auteurs invitent donc à travailler autrement la perception de générosité, notamment par la qualité, les saveurs et la mise en scène de l’offre.
Même le traditionnel repas-test est passé au crible. Le guide recommande de limiter les tests de compétition, de réduire le nombre de participants, de sélectionner en amont les pièces réellement nécessaires ou encore de servir des demi-portions. Les éventuels surplus peuvent ensuite être revalorisés ou donnés.
L’un des fils rouges du guide consiste surtout à sortir l’anti-gaspillage du seul périmètre du traiteur. Les auteurs pointent par exemple une contradiction très concrète. Le donneur d’ordre peut souhaiter attendre le plus longtemps possible avant d’arrêter sa liste de participants, tandis que le traiteur a besoin d’un chiffre suffisamment tôt pour ajuster ses achats et sa production.
Donneurs d’ordre, agences, traiteurs, lieux, convives et acteurs du don sont donc invités à partager l’objectif dès le choix des prestataires. Le document organise cette démarche autour de trois temps, avant, pendant et après l’événement, avec des actions allant de l’anticipation et la qualification des besoins à l’ajustement pendant le service, puis au conditionnement, au don et à la valorisation des surplus.
Cette mobilisation intervient alors que l’événementiel reste peu directement ciblé par les textes consacrés au gaspillage alimentaire. Le secteur est néanmoins concerné par plusieurs dispositions environnementales et par l’« Engagement pour la croissance verte » signé en 2022 entre l’État et les professionnels, qui prévoit notamment de réduire le gaspillage alimentaire et de favoriser les dons aux associations.
Depuis 2025, les traiteurs événementiels peuvent par ailleurs candidater auprès de l’Afnor au label national anti-gaspillage alimentaire, décliné en trois niveaux de maturité, « engagement », « maîtrise » et « exemplaire ».
Avec ce nouveau guide, la filière cherche donc à prendre de l’avance sur la contrainte réglementaire. Son message repose sur l’anticipation car pour réduire les poubelles à la fin d’un événement, il faut commencer à s’en préoccuper bien avant de dresser les buffets.
Pour télécharger le guide 👉 : https://levenement.org/wp-content/uploads/2026/09/Web-Levenement-LivreBlanc-GaspillageAlimentaire.pdf
Les préconisations du référentiel commun, structuré en trois temps :
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