7 mai 2026
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Le Festival de Cannes en devient le symbole parfait pour stigmatiser de prétendues « dépenses somptuaires » et un « train de vie dispendieux » de collaborateurs de France Télévisions.
Six millions d’euros par an de budget, des nuitées facturées 1 900 euros au Martinez – rien d’étonnant au regard du prix du marché en haute saison événementielle – et une dynamique jugée par le rapporteur-inquisiteur Charles Alloncle peu compatible avec la rigueur budgétaire demandée par le ministère de la culture. Les chiffres sont là, les arguments et les critiques aussi, et peu importe que certaines dépenses soient évitées par le recours aux barters, des échanges marchandises comme il s’en pratique beaucoup dans les médias.
Mais que mesure-t-on exactement en l’espèce et surtout, que ne mesure-t-on pas ? Car le rapport le rappelle lui-même, le Festival de Cannes n’est pas qu’une vitrine scintillante sur tapis rouge. C’est un rendez-vous business incontournable, notamment pour France Télévisions, un marché mondial où se nouent des accords commerciaux et où se fabrique une partie de l’influence culturelle. Réduire cette couverture éditoriale et événementielle à une ligne de coûts revient à isoler la dépense sans interroger la valeur directe et indirecte produite. C’est aussi oublier un peu trop vite les recettes publicitaires qu’elle génère.
Plateforme physique où se rencontrent les talents, les diffuseurs, les partenaires, l’événement est aussi une formidable machine à contenus. Un outil de visibilité, de relation et d’influence où tous les acteurs de la filière se doivent d’être présents.
Paradoxalement, on attend de l’audiovisuel public qu’il soit puissant et visible, mais on continue d’évaluer ses moyens à l’aune d’une logique strictement comptable. Aucun indicateur d’impact, aucune mesure de ROI ne vient équilibrer ce débat qui stigmatise l’événementiel comme un produit de luxe. Et encore moins de prise en considération du bien public que représente la culture.
L’événementiel a un coût, rien ne sert de le nier, mais il crée aussi de la valeur. On ne cesse de le répéter, sans être forcément entendu par la puissance publique et des politiques qui aimeraient, dans le meilleur des cas le restreindre, dans le pire des scénarios le mettre en coupes réglées. C’est pourtant bien à cette condition qu’il peut être efficacement jugé.
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