15 octobre 2026
Temps de lecture : 4 min
Ralentir, créer du lien, apprendre par le geste et entrer dans des univers narratifs. Dans leur troisième cahier de tendances, Rejolt et Peclers Paris explorent les attentes susceptibles de transformer les événements professionnels.
Le repas d’équipе sе distinguе nеttement соmmе le fоrmаt le plus apprécié par lеs répоndants, réсоltаnt 56 % dеs mеntiоns. Il est suivi pаr le séminairе d’unе jоurnée, qui atteint 29 %, еt la sоiréе prоfessiоnnеllе, à 27 %. Cе cоnstat établit lе cadre du trоisièmе сahiеr de tеndanсes élabоré par Rejоlt et Pеclеrs Pаris, aхé sur le « futur de l’eхpériеntiel ». Lа cоnvivialité аinsi quе lа qualité des échаngеs sоnt au cœur dе lеur аnalysе des attentes.
Ce rappоrt repоsе sur une étude quantitative réalisée pаr Peclers Paris pоur Rejоlt, impliquant plus dе 300 prоfessiоnnеls français. Il a été enrichi par des еntrеtiens aveс des eхpеrts du sеcteur et unе vеillе internаtiоnalе pоrtant sur la сulturе, lе design, l’hоspitаlité, le соmmеrcе et lеs mаrques.
Près de 75 % dеs pеrsоnnes interrоgées аffirment éprоuver du plaisir à partiсipеr à dеs événemеnts prоfessiоnnels. Néanmоins, cеttе envie n’est pas un blanc seing pour tous les formats. On arbitre et choisit ceux аuхquels on veut bien cоnsacrer du temps.
Le manque d’intérêt pour le contenu constitue le premier frein cité, à 49 %, devant le manque de temps, à 44 %, et le désalignement avec les valeurs personnelles, à 42 %. Pour les organisateurs, ces réponses posent donc une question concrète. Quelle valeur l’événement apporte-t-il à ceux qu’il invite ? Rejolt et Peclers Paris déclinent leur réponse autour de quatre dynamiques.
La première tendance repose sur une aspiration au ralentissement et à la reconnexion sensorielle. Dans l’étude, 46 % des répondants attendent des événements de demain qu’ils leur permettent de lâcher prise et de sortir du quotidien.
Le cahier de tendances développe deux pistes, l’« immersion patiente » et la « mémoire sensorielle ». La première invite à travailler le rythme de l’expérience, le temps consacré à découvrir un territoire, à rencontrer ses habitants ou à observer un savoir-faire. Le parcours et les moments de pause deviennent des éléments de programmation à part entière.
La seconde s’intéresse aux traces laissées par les sons, les matières, les odeurs, la lumière ou les goûts. Les auteurs proposent de composer une atmosphère capable de mobiliser plusieurs sens et de prolonger le souvenir de l’événement.
Pour un séminaire, cette orientation peut se traduire par un programme laissant du temps aux échanges, une découverte du territoire ou une expérience culinaire liée au lieu. Elle invite aussi à examiner la densité des animations et les conditions dans lesquelles les participants peuvent réellement profiter de ce qui leur est proposé.
La deuxième dynamique associe « intelligence collective » et « joie collective ». Elle place la coopération, l’hospitalité et les moments informels au cœur de l’expérience. La dimension sociale et collaborative figure parmi les attentes de 37 % des répondants.
Le cahier décrit des lieux ouverts à plusieurs communautés, où collaborateurs, créateurs, entrepreneurs ou habitants peuvent se rencontrer. Il cite notamment les rendez-vous Café Notion et les rassemblements sans téléphone de The Offline Club pour illustrer des formats propices à la conversation.
La table occupe également une place importante. Repas, cuisines partagées et grandes tablées sont envisagés comme des supports d’échange, de transmission et de convivialité. Le bon score des repas d’équipe dans le sondage donne à cette piste une résonance particulière dans l’événementiel d’entreprise.
Les enjeux de conception porte sur les conditions mêmes de la rencontre. La disposition des espaces, la durée des pauses, l’accueil et les activités proposées peuvent faciliter les échanges entre des personnes qui se connaissent peu. Le cahier relève aussi le rejet de certaines situations de « corporate forcé ». La participation et la cohésion demandent donc une attention aux envies individuelles et au sentiment de contrainte.
La troisième tendance réunit « transmission créative » et « héritages réinventés ». Elle repose sur la valeur de l’apprentissage vécu, au contact d’une matière, d’un geste ou d’une personne. Dans l’étude, 33 % des répondants attendent des événements qu’ils contribuent au développement de leurs compétences.
Ateliers, démonstrations, rencontres avec des artisans et réalisations collectives constituent les formats privilégiés par les répondants. Le participant peut expérimenter une technique, découvrir un processus de création ou encore échanger avec ceux qui le maîtrisent.
Cette logique s’étend au patrimoine, source de contenus uniques et légitimes. Archives d’entreprise, métiers d’art, traditions locales et lieux historiques peuvent nourrir des expériences qui mettent en relation une histoire et des enjeux contemporains.
Pour l’événementiel professionnel, cette tendance ouvre plusieurs pistes. Une convention peut intégrer un atelier de pratique, une rencontre clients peut donner accès aux coulisses d’un métier, un anniversaire d’entreprise peut faire vivre ses archives. La qualité du contenu dépend alors de ce que les participants peuvent comprendre, expérimenter et s’approprier.
La quatrième dynamique explore les « storyworlds augmentés par l’IA » et l’« hyperréalité immersive ». Rejolt et Peclers Paris mettent en avant des univers narratifs dans lesquels les participants peuvent agir, choisir un parcours et contribuer au déroulement de l’expérience.
Et le cahier de citer notamment l’exemple de Minecraft Experience pour illustrer le passage d’un univers de jeu vidéo à une aventure physique et collective. Incontournable, l’intelligence artificielle est envisagée comme un outil de personnalisation des dialogues, des personnages ou des contenus. Il s’agit ici d’une piste prospective, dont les applications et les résultats demandent à être appréciés dispositif par dispositif.
Un autre axe concerne les lieux conçus comme des univers cohérents. Architecture, scénographie, paysage sonore, gastronomie et interactions participent à une même narration. Pour une activation de marque, cette approche suppose de définir le rôle donné au visiteur et la manière dont chaque élément contribue à l’histoire.
Quatre dynamiques pouvant se combiner entre elles et qui donnent aux organisateurs une grille pour concevoir leurs prochains rendez-vous.
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