25 juin 2026
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©Elysée
Vitrine de la « Startup Nation » défendue par Emmanuel Macron dès sa campagne de 2017, VivaTech a été plus fréquenté par les responsables politiques qu’à l’accoutumée. Cette année, les allées du salon ont ainsi vu défiler Jérôme Guedj, Gabriel Attal, Jean-Luc Mélenchon ou encore Marine Le Pen. Tous ont parfaitement identifié la portée médiatique des sujets qui y sont débattus, de l’intelligence artificielle à la souveraineté numérique en passant par la compétitivité économique. Autant de thèmes appelés à occuper une place plus ou moins importante dans la prochaine campagne présidentielle.
Pour nombre d’entre eux, l’exercice était inédit. Pas pour Emmanuel Macron, présent à chacune des éditions depuis la création du salon. En effet, le président de la République a très tôt compris qu’un événement n’est pas seulement un lieu de rencontre, mais aussi un espace de démonstration, de mise en récit, de production de contenus et d’influence. Au fil des années, le chef de l’État a donc fait de certains grands rendez-vous des plateformes lui permettant d’enchaîner annonces, rencontres diplomatiques, séquences économiques et opérations d’image.
Mardi soir, la cérémonie de panthéonisation de l’historien et résistant Marc Bloch a offert une autre illustration particulièrement émouvante de la force émotionnelle des événements. Au-delà de l’hommage rendu à l’une des grandes figures intellectuelles françaises du XXe siècle, la cérémonie a permis au président de porter un message éminemment politique, dénonçant notamment l’antisémitisme, la force brute ou encore l’esprit de défaite.
En paraissant reprendre à son compte les mots de Marc Bloch — « La France, j’y suis né, j’ai bu aux sources de sa culture, j’ai fait mien son passé, je ne respire bien que sous son ciel, et je me suis efforcé, à mon tour, de la défendre de mon mieux » — Emmanuel Macron a, d’une certaine manière, livré sa propre lecture de l’exercice du pouvoir. Comme un chant du cygne politique.
Alors qu’il ne pourra briguer un nouveau mandat, le chef de l’État semble déjà inscrire son action dans le temps long. Non plus seulement celui des réformes ou des crises traversées, mais celui de l’héritage. Avec cette idée, contenue dans les travaux et les mots de Marc Bloch, que chaque génération reçoit un pays, tente de le préserver à sa manière, puis le transmet à la suivante. Une histoire sans fin à laquelle, à sa manière, l’événementiel contribue.
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