18 juin 2026

Temps de lecture : 4 min

Ubi, l’agence qui transforme la ville en terrain d’expériences

À l’occasion des 10 ans de VivaTech, l’agence Ubi a imaginé et produit une exposition à ciel ouvert sur les Champs-Élysées réunissant 39 innovations accessibles gratuitement au grand public. Une opération emblématique du savoir-faire de cette agence spécialisée dans les activations urbaines. Sa directrice générale, Inès Mergny, revient sur les coulisses du projet et évoque les autres réalisations qui rythment l’actualité d’Ubi.

Meet In : Comment est née cette exposition VivaTech sur les Champs-Élysées ?

Inès Mergny : Les organisateurs de VivaTech sont venus nous voir en décembre dernier avec une demande assez simple sur le papier, mais ambitieuse dans son intention. Il s’agissait de célébrer les 10 ans de l’événement en s’adressant au plus grand nombre. Très vite, nous avons imaginé une activation sur les Champs-Élysées. C’était le territoire de jeu naturel pour cet anniversaire ouvert au grand public.

Pourquoi Ubi a-t-elle été sollicitée sur ce projet ?

VivaTech dispose déjà de ressources intégrées, mais l’enjeu ici était de sortir du cadre du salon pour aller à la rencontre du grand public dans l’espace urbain. C’est précisément notre expertise. Nous partageons aussi une relation de longue date avec le Comité Champs-Élysées. Très vite, nous avons convergé vers une même ambition : permettre aux visiteurs de toucher concrètement les innovations plutôt que de simplement les regarder.

« Les Champs-Élysées étaient le territoire de jeu naturel pour célébrer les 10 ans de VivaTech »

Le pari semble réussi ?!

Oui. Nous avons présenté 39 innovations et les exposants ont vraiment joué le jeu. Les visiteurs pouvaient tester, manipuler, photographier et expérimenter les dispositifs. Nous voulions rendre l’innovation tangible et accessible. Quand on voit les familles, les enfants et les touristes s’approprier les contenus, on se dit que la promesse est tenue.

L’intelligence artificielle a également trouvé sa place dans l’exposition VivaTech ?

Oui. Nous avons organisé plusieurs concours de prompts qui ont rencontré un vrai succès. Les participants devaient imaginer des images répondant à des consignes précises. Un autre concours, mené avec Google, invitait le public à imaginer la ville de demain et l’avenir des Champs-Élysées. Ces formats participatifs sont encore assez rares dans l’événementiel grand public et les retours ont été très positifs.

Quels ont été les principaux défis de production ?

Le premier défi est technique. Sur les Champs-Élysées, nous travaillons dans des temps extrêmement contraints. Nous arrivons à 00h01et nous repartons à 23h59 le même jour. Tout doit être conçu en tenant compte de cette fenêtre de 24 heures. Dès la phase créative, il faut imaginer une scénographie suffisamment impactante mais compatible avec ces contraintes de montage et de démontage. Les 8 lettres monumentales de VivaTech installées sur l’avenue sont le résultat de cette réflexion.

Comment avez-vous sélectionné les innovations présentes ?

Cela a représenté un travail considérable. Nous avons reçu beaucoup de candidatures. Avec VivaTech, nous avons étudié chaque dossier afin de vérifier sa compatibilité avec le dispositif, son potentiel d’interaction avec le public et l’équilibre global de l’exposition. Nous voulions représenter plusieurs univers, de la santé à la beauté, en passant par l’espace, l’emploi ou la robotique.

L’objectif était-il avant tout la fréquentation ?

Pas vraiment. Sur les Champs-Élysées, lorsqu’une expérience gratuite est proposée, le public est naturellement au rendez-vous. Le véritable défi consistait surtout à réunir 39 innovations, à les intégrer dans notre dispositif et à garantir une expérience de qualité pour chaque visiteur.

Pourquoi le Comité Champs-Élysées a-t-il soutenu le projet aussi rapidement ?

Parce que c’était une thématique inédite. Nous avons déjà produit des opérations autour du cinéma, de la lecture ou du jeu, mais jamais autour de la tech et de l’innovation. Tout le monde a immédiatement perçu l’intérêt d’offrir ce type d’expérience au grand public. À ma connaissance, il existe peu d’événements de cette nature en accès libre à Paris.

Quels sont les critères pour investir les Champs-Élysées lors des journées piétonnes ?

Les projets sont étudiés avec beaucoup d’attention parce qu’il s’agit du domaine public. Ils doivent être gratuits, accessibles à tous les publics et apporter quelque chose de nouveau. Nous cherchons à renouveler les thématiques et à proposer des expériences qui n’ont pas encore été vues sur l’avenue.

« Cela fait 26 ans que nous investissons la ville, et nous ne nous en lassons pas »

Cette opération illustre-t-elle parfaitement l’ADN d’Ubi ?

Oui, clairement. Notre ADN repose sur la capacité à créer des expériences dans l’espace urbain. Cela fait 26 ans que nous travaillons sur ces territoires et nous ne nous en lassons toujours pas. Paris est un formidable terrain d’expression. C’est une ville en mouvement permanent qui nourrit notre créativité au quotidien.

Pourquoi les marques continuent-elles d’investir ces formats urbains ?

Parce qu’ils créent une relation émotionnelle très particulière avec le public. Lorsqu’une marque s’invite dans la ville de manière créative et pertinente, elle génère un souvenir durable. Ce caractère mémorable reste extrêmement recherché aujourd’hui.

Parmi vos projets récents, on peut encore voir l’opération Stan Smith à l’Opéra Garnier…

C’est un projet dont nous sommes très fiers. Nous avons transformé la bâche de l’Opéra Garnier en une immense œuvre peinte en direct pendant cinq jours. L’idée consistait à remettre dans le paysage urbain le célèbre vert associé à Stan Smith. Le geste artistique était volontairement spectaculaire et visible par tous. La bâche restera installée jusqu’à la fin du mois de juin.

Quels sont les autres projets qui vont marquer l’actualité d’Ubi dans les prochaines semaines ?

Nous ouvrons notamment le Basil Bar avec Barilla, un lieu éphémère qui vivra pendant dix jours au rythme du basilic. Nous avons entièrement repensé un restaurant avec une programmation mêlant chefs, masterclass et scénographie immersive. Le projet affiche déjà complet.

Nous travaillons également avec Paris Aéroport autour de la nouvelle installation de JR. Nous avons installé un tampon géant sur le tarmac de l’aéroport Charles-de-Gaulle et conçu une activation permettant aux visiteurs de collectionner des tampons dans différents lieux parisiens liés au parcours artistique de JR. L’idée est de transformer ce passeport en objet souvenir unique.

Comment envisagez-vous l’avenir de l’événementiel urbain ?

Nous sommes convaincus que la ville reste un formidable média. Lorsqu’elle est utilisée avec respect et créativité, elle permet aux marques de créer des expériences accessibles, mémorables et profondément ancrées dans le quotidien des citoyens. C’est ce qui nous anime depuis plus de vingt-cinq ans et c’est ce qui continuera de guider nos projets.

En savoir plus

« Une occasion unique de démystifier la robotique auprès du grand public »

Parmi les 39 innovations présentées sur les Champs-Élysées, la société française Evobotics, spécialisée dans les robots quadrupèdes destinés aux secteurs de la sécurité et de la défense, a particulièrement apprécié la dimension grand public de l’opération. « Privatiser les Champs-Élysées pour un événement comme celui-ci est une initiative remarquable. Nous avons rencontré à la fois des professionnels et un public très curieux, avec une vraie appétence pour la technologie et la robotique », témoignent Hugo et Philippe Maurel. Selon les fondateurs de la startup, l’organisation s’est révélée particulièrement fluide et a permis de multiplier les échanges avec des visiteurs de tous horizons.

Pour cette jeune société installée dans les Landes, l’événement a également offert une visibilité inhabituelle. « Ce type de manifestation, concentrée au cœur de Paris, permet de toucher des publics auxquels nous n’avons pas toujours accès. Les synergies avec les autres exposants ont été très intéressantes et nous avons été impressionnés par le nombre d’entreprises françaises présentes. »

Au-delà de la démonstration technologique, l’enjeu était aussi pédagogique. Les visiteurs ont pu découvrir concrètement des robots conçus pour intervenir dans des environnements dangereux ou pénibles. « Beaucoup de personnes arrivent avec des inquiétudes sur la robotique ou l’intelligence artificielle. L’événement nous a permis d’expliquer que ces outils sont là pour compléter l’humain et non pour le remplacer. C’est une excellente façon de dédramatiser ces sujets et de les rendre plus accessibles. »

L’opération a enfin généré des retombées business inattendues. Evobotics évoque de nombreux contacts qualifiés, aussi bien avec des entreprises qu’avec de jeunes visiteurs intéressés par les métiers de la robotique. « Nous avons eu des rendez-vous professionnels, des demandes d’informations et beaucoup de questions sur nos technologies. Pour nous, l’expérience a été très positive. » indiquent les deux entrepreneurs qui poursuivaient dès le lendemain leur périple en se rendant au salon EuroSatory.

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