23 avril 2026
Temps de lecture : 2 min
© Quentin Chevrier
Pensé comme un format hybride à la croisée de l’exposition, du forum intellectuel et de la performance, l’événement NOÛS a réuni 36 000 visiteurs à la BnF autour d’une proposition gratuite mêlant art contemporain, intelligence artificielle et exploration des collections patrimoniales.
Pendant dix jours, le public a pu déambuler librement dans les espaces ouverts du site, transformés en parcours d’œuvres immersives. La programmation associait installations, performances et contenus éditoriaux, à l’instar de dix tables rondes, quatre projections et deux performances scéniques intégrant des systèmes d’intelligence artificielle en temps réel. Un dispositif qui s’inscrit dans une tendance plus large de décloisonnement des formats culturels, où l’événement devient à la fois lieu d’exposition, de médiation et de production de contenus.

Au cœur du projet, l’exploitation des fonds de la BnF, notamment via Gallica, sa bibliothèque numérique qui donne accès à plusieurs millions de documents. Cartographies anciennes, archives judiciaires, traités scientifiques ou iconographies patrimoniales ont servi de matière première à une série d’œuvres inédites, conçues, pour la plupart, spécifiquement pour le festival. Parmi les artistes invités figuraient Justine Emard, Sabrina Ratté ou encore le collectif Obvious, dont les travaux interrogent précisément les usages créatifs de l’intelligence artificielle.
Au-delà de la programmation artistique, NOÛS revendique une approche éditoriale de l’IA, à rebours des discours centrés sur la génération automatisée. Le manifeste du festival insiste sur une technologie envisagée comme outil de révélation plutôt que de substitution, soulignant le rôle structurant des institutions patrimoniales dans les processus d’innovation. Une ligne qui fait écho aux débats actuels sur la place de l’IA dans les industries culturelles et créatives.
« Nous refusons l’idée d’une technologie hors-sol qui effacerait le créateur. Nous rappelons le lien vital entre création et innovation, nourri par le patrimoine littéraire, artistique et scientifique conservé par les grandes institutions documentaires. » manifeste NOÛS
L’ouverture officielle a été assurée par Anne Bouverot, présidente du Conseil de l’IA et du numérique, aux côtés de Gilles Pécout. Une table ronde inaugurale a réuni plusieurs grandes institutions internationales, dont la British Library, la Bibliothèque et Archives nationales du Québec et la Bibliothèque nationale de Singapour, confirmant la dimension diplomatique et académique du projet.
La programmation s’est construite avec un écosystème élargi de partenaires culturels et scientifiques, parmi lesquels Ircam, ESSEC Business School, Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains, ainsi que des acteurs des médias et de la diffusion comme Arte ou mk2. Le projet a également bénéficié du soutien d’institutions publiques et de partenaires privés, dont AXA, le ministère de la Culture ou encore la Ville de Paris.
Avec cette première édition, NOÛS illustre une évolution des événements culturels vers des formats plus transversaux, mêlant production artistique, réflexion intellectuelle et valorisation de contenus existants. L’événement s’inscrit aussi dans une logique d’activation de lieux patrimoniaux, la BnF devenant ici un terrain d’expérimentation pour des expériences immersives accessibles à large public.
Une deuxième édition est d’ores et déjà annoncée au printemps 2027, toujours sur le site François-Mitterrand. Elle devrait permettre de confirmer la capacité de ce type de format à s’inscrire dans la durée, à la croisée des enjeux culturels, technologiques et événementiels.
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