18 juin 2026

Temps de lecture : 3 min

France Evénements veut parler au nom de la filière et peser davantage face aux pouvoirs publics

Agences, prestataires techniques, lieux et traiteurs s'unissent au sein d'une nouvelle structure baptisée France Événements. Derrière cette création se dessine une ambition de représentation collective mais aussi la volonté de mieux faire reconnaître le poids économique d'une filière qui estime encore manquer de visibilité.

Le paysage des organisations professionnelles de l’événementiel français compte désormais un nouvel acteur. Annoncée le 16 juin, la Fédération France Événements rassemble six organisations représentant les agences, les prestataires techniques, les lieux et les traiteurs autour d’une même bannière. Une initiative portée par LÉVÉNEMENT, le SYNPASE, La Clé, Les Traiteurs de France, Traiteurs d’Avenir et les Traiteurs Événementiels Paris.

À sa tête, les membres fondateurs ont élu Stéphane Abitbol, le président de LÉVÉNEMENT. Le bureau est complété par Stanislas Surun pour le SYNPASE, Delphine Bouclon-Rodet pour La Clé et Claire Pennarun pour Les Traiteurs de France.

Une fédération née des combats de l’après-Covid

L’idée ne date pas d’hier. Selon Stéphane Abitbol, elle trouve son origine dans les réflexions engagées pendant et après la crise sanitaire autour de la structuration de la filière et de sa représentation institutionnelle. « Tout ça procède du travail qu’on avait fait pendant le Covid et post-Covid », explique-t-il. L’objectif était notamment d’éviter que les métiers de l’événementiel soient dilués dans des conventions collectives ou des cadres de représentation qui ne correspondent pas à leurs spécificités.

Au-delà des enjeux sociaux, les fondateurs de la fédération souhaitent disposer d’un outil capable de porter des positions communes sur des sujets qui concernent l’ensemble de la chaîne de valeur, qu’il s’agisse des agences, des lieux, des traiteurs ou des prestataires techniques.

Une gouvernance conçue pour équilibrer les métiers

La fédération revendique une gouvernance fondée sur « l’égalité entre les métiers, le dialogue et l’intérêt collectif ». Un principe qui n’est pas anodin. Il constitue même l’un des fondements du projet. Selon Stéphane Abitbol, chaque organisation membre dispose du même poids dans les décisions, indépendamment de sa taille ou de son poids économique. Une approche qu’il considère indispensable pour garantir une représentation équilibrée de l’ensemble de la filière.

Cette question de gouvernance explique également pourquoi les discussions engagées depuis plusieurs mois avec d’autres acteurs de la représentation professionnelle, à l’instar d’UNIMEV, n’ont pas abouti. Les échanges ont pourtant duré près d’un an, mais des divergences de fonctionnement ont finalement empêché la constitution d’une structure commune.

Pour autant, les fondateurs assurent vouloir poursuivre une logique de rassemblement. La porte reste donc ouverte à d’autres organisations professionnelles, voire à des associations affiliées qui conserveraient leur autonomie tout en participant aux travaux de la fédération.

Travail dissimulé, formation, RSE : les premiers chantiers

Au-delà de la représentation institutionnelle, France Événements entend rapidement entrer dans une phase opérationnelle. Plusieurs groupes de travail doivent être lancés dès la rentrée. Parmi les priorités figurent les enjeux de responsabilité sociétale, la formation et l’attractivité des métiers, mais aussi les problématiques liées au travail dissimulé et aux nouvelles formes d’emploi dans l’événementiel.

Ce dernier sujet apparaît d’ailleurs comme l’un des principaux moteurs du rapprochement entre plusieurs familles professionnelles. Les campagnes de contrôle engagées ces derniers mois concernent aussi bien les agences que les traiteurs ou certains prestataires techniques, créant un intérêt commun à mieux accompagner les entreprises sur ces questions.

Gagner en visibilité économique

L’autre ambition de la fédération est de mieux documenter le poids réel de l’événementiel français. Selon les chiffres avancés par ses membres fondateurs, France Événements représente aujourd’hui près de 600 entreprises adhérentes, 32 000 salariés et plus de 2,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Pour Stéphane Abitbol, cette capacité à produire des données fiables sera essentielle pour renforcer la crédibilité de la filière auprès des décideurs publics. Plusieurs études et observatoires devraient ainsi être lancés dans les prochains mois. « Si on est visible, si on est quantifiable, on sera visible et on existera », résume-t-il.

Une nouvelle voix dans un paysage diversement structuré

Reste désormais à trouver sa place dans un écosystème où interviennent déjà plusieurs organisations représentatives. Les dirigeants de France Événements assument cette coexistence et considèrent que leur légitimité se construira d’abord par les sujets qu’ils porteront et par leur capacité à fédérer progressivement d’autres composantes du secteur.

Plus qu’une simple addition d’organisations professionnelles, la nouvelle fédération se présente ainsi comme une tentative de structuration transversale d’une filière fragmentée. Un chantier de long terme dont la réussite dépendra autant de sa capacité à produire des résultats concrets que de son aptitude à élargir encore son périmètre de représentation.

En résumé

France Événements en chiffres

Créée en juin 2026, la Fédération France Événements rassemble six organisations professionnelles représentant collectivement près de 600 entreprises adhérentes, 32 000 salariés et plus de 2,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Le bureau

  • Président : Stéphane Abitbol (LÉVÉNEMENT)
  • Vice-président : Stanislas Surun (SYNPASE)
  • Trésorière : Delphine Bouclon-Rodet (La Clé)
  • Secrétaire : Claire Pennarun (Les Traiteurs de France)

Le conseil d’administration

  • Philippe Abergel (SYNPASE)
  • Raphaëlle Amar (La Clé)
  • Éric Barthélémy (SYNPASE)
  • Jean-Luc Hauss (Traiteurs Événementiels Paris)
  • Céline Jolly (LÉVÉNEMENT)
  • Adeline Jouot (La Clé)
  • Dominique Julo (Traiteurs d’Avenir)
  • Céline Paravy Atlan (La Clé)
  • Benoît Ramozzi (LÉVÉNEMENT)
  • Théo Ruiz (SYNPASE)
  • Agnès Théodose-Cosaque (Les Traiteurs de France)
  • Nicolas Turpin (LÉVÉNEMENT)

Les organisations fondatrices

LÉVÉNEMENT, le SYNPASE, La Clé – Collective des lieux événementiels, Les Traiteurs de France, Traiteurs d’Avenir et Traiteurs Événementiels Paris.

 

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