23 avril 2026
Temps de lecture : 2 min
Il y a ce que les professionnels de l’événementiel savent déjà, confusément, et ce qu’ils n’ont pas encore les moyens de faire. L’association LÉVÉNEMENT a choisi de combler cet écart en publiant un guide intitulé « carbone vs événements ». Non pas un énième document d’intentions, mais un nouvel opus de ses guides pratiques, pensé comme un outil pour prendre les bonnes décisions et en faisant preuve d’anticipation.
Le constat qui ouvre le guide est aussi simple que dérangeant. La question carbone arrive encore trop tard dans la conception des événements. Elle surgit en phase de production, une fois que les choix structurants ont été arrêtés, que le lieu est réservé, que les prestataires sont engagés. À ce stade, la marge de manœuvre est évidemment mince. Ce que le document appelle à changer, c’est précisément ce réflexe de traiter le carbone comme une variable d’ajustement plutôt que comme un critère de départ.
Pour poser les bases, le guide revient sur les données climatiques de référence issues des travaux du GIEC. Le réchauffement global a déjà atteint 1,1°C depuis le début du siècle. En 2021, près de 59 milliards de tonnes de gaz à effet de serre ont été émises à l’échelle mondiale, le CO₂ en représentant la part majoritaire. Un rappel nécessaire visant à installer un cadre commun de compréhension pour des professionnels dont les niveaux de sensibilisation à ces enjeux restent très hétérogènes.
La place de l’événementiel dans cette équation est présentée avec une certaine franchise. Le secteur émet via les déplacements, les infrastructures et la production, tout en subissant les effets du dérèglement climatique et des contraintes réglementaires qui s’accumulent. Mais le guide refuse le piège du discours culpabilisant. Il insiste plutôt sur la complexité réelle de l’exercice, car réduire l’empreinte carbone d’un événement suppose d’arbitrer entre des paramètres qui se contredisent parfois, selon le format, la localisation, la nature des publics. Ce qui était valable pour un congrès de 500 personnes à Paris ne l’est pas nécessairement pour un salon régional ou un lancement de produit en extérieur.
Une partie significative du guide est consacrée à un benchmark des outils de mesure carbone disponibles sur le marché (Climeet, Cleo Carbone, Carbo, GCI, Good Planet, etc.). Un exercice plus que bienvenu tant l’offre se développe et peut aboutir à des résultats somme toute disparates. L’évaluation a été conduite à partir d’un cas pratique commun pour tous les calculateurs, avec l’appui d’un expert indépendant, ce qui donne à l’exercice une rigueur méthodologique que les documents de ce type n’ont pas toujours. L’association en profite pour mettre en avant son propre dispositif, ICE, pour Impact Carbone Événement, présenté non pas comme un simple calculateur mais comme un outil d’aide à la décision.
Ce guide est aussi le fruit d’un travail collectif. Il a été élaboré avec un groupe d’acteurs du secteur réunissant des agences, des consultants et des experts de l’impact, parmi lesquels Hopscotch Groupe, black lemon, Shortcut Events ou Moma Event. Cette méthode de co-construction signale une volonté de la filière de ne pas laisser ces enjeux à la seule initiative des donneurs d’ordre ou des pouvoirs publics, mais de les prendre en charge collectivement, avec des outils qui lui appartiennent.
Le message de fond reste opérationnel. Mesurer ne suffit plus. Ce que LÉVÉNEMENT appelle de ses vœux, c’est une montée en compétence de toute la chaîne de valeur, et un glissement culturel afin de passer de la compensation a posteriori à l’anticipation en amont. Moins un acte de repentance que de méthode.
Téléchargez le guide L’Empreinte carbone, carbone vs événements sur levenement.org
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